Château de Callenelle asbl
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« L’avenir, il ne faut pas le prévoir, il faut le permettre »

Antoine de Saint- Exupéry

Education spécialisée et prise de risque

Nous osons considérer les prises de risque comme un droit inaliénable. Autrement dit, nous refusons que la finalité de l’éducation spécialisée soit de ne rien entreprendre qui ne soit déjà prévu.

Dans une telle conception, le travail de l’éducateur spécialisé se réduirait à une lutte acharnée contre toute prise de risque.

Pourtant, et le quotidien le démontre, des initiatives placées sous le signe du risque permettent à la personne handicapée mentale de se révéler autrement, de profiter d’ouvertures sur des perspectives nouvelles.

Rien n’étant fixé d’avance, l’éducation spécialisée consiste à prendre des risques calculés et avoir l’intime conviction que c’est dans cet espace étroit que le risque peut se révéler une chance de découverte et de réalisation.

« Et si cela se passe mal ? », telle est la formule magique pour s’assurer que rien ne se passe et renforcer la dépendance de la personne handicapée.

Il convient donc d’oser la formule « et si cela se passe bien ? ». Il faut donc privilégier l’attitude responsable qui fait du risque mesuré une opportunité pour la personne handicapée mentale d’expérimenter une situation nouvelle. C’est à ce niveau que se situe l’espace de créativité professionnelle.

Il appartient au professionnel d’anticiper les risques en fournissant aux personnes handicapées mentales les supports nécessaires pour se tirer d’affaire en cas d’imprévu : une carte avec un numéro d’appel, repérer des logos a priori sécurisants : police, pharmacie… 

La notion de prise de risque doit également être partagée avec la famille, mais en aucun cas elle ne peut devenir permanente car elle signifierait alors «  danger ».

La prise de risque doit donc avoir une fin ; dans le cas contraire, il faut songer à revoir sa position ou éventuellement à passer la main…

La notion de risque renvoie in fine à celle de l’impossible accompagnement.