Accompagner une personne handicapée mentale, aurait pu dire Freud, est une tâche quasi impossible à l’homme. Cela consiste à lui ouvrir un espace de liberté, un espace d’autonomie ou de les élargir. Pour ce faire, quadrature du cercle, il n’est pas d’autre voie sans doute que de vouloir ces espaces d’abord pour l’autre.
Impossible accompagnement qui consiste à fournir ce que la personne handicapée mentale ne demande pas encore ou toujours et qu’elle comprend parfois si peu, afin qu’elle puisse peu à peu dans un mouvement fait de refus et de reprise s’ouvrir son espace personnel. La relation entre un accompagnant et une personne handicapée mentale est donc à inventer chaque jour, dans l’erreur et la crise, dans la surprise et le changement, dans l’écoute et la parole échangée.
Cette relation ne peut s’inscrire qu’au présent et doit renoncer à un avenir de toute façon non – maîtrisable.
La personne handicapée mentale nous enseigne l’incertitude. A ce titre, elle est aussi le père de l’Homme.