Château de Callenelle asbl
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« L’avenir, il ne faut pas le prévoir, il faut le permettre »

Antoine de Saint- Exupéry

Les repères pour instaurer un dialogue vrai

  1. Importance de la présence d’autrui :
    Pour qu’un dialogue s’établisse avec l’autre, il faut à tout le moins qu’il soit présent physiquement et/ou moralement.
  2. Reconnaissance de la différence d’autrui :
    Je ne communique avec autrui que parce qu’il est différent de moi. Notre mutuelle différence doit donc être globalement reconnue et doit nous enrichir réciproquement.
  3. Equivalence d’autrui :
    Compte tenu de nos différences, il n’y aura de véritable communication entre nous que si nous considérons qu’humainement nous sommes sur pied d’égalité.
  4. Interdit de l’homicide :
    Il existe de nombreuses façons de tuer symboliquement autrui et donc d’empêcher un vrai dialogue : en l’empêchant de parler, en l’infantilisant ou à l’inverse, en le responsabilisant à outrance. Cet interdit de l’homicide doit particulièrement interpeller notre pratique et notre rencontre quotidienne avec la personne handicapée mentale.
  5. Interdit de l’inceste (au sens métaphorique d’incorporation) :
    Il ne peut y avoir de véritable dialogue si mon but est de faire entrer l’autre dans mes schémas de pensée. Le processus d’individualisation de la prise en charge doit permettre d’interroger véritablement le sens de notre rencontre avec la personne handicapée mentale.
  6. Interdit du mensonge :
    Mentir à son interlocuteur, c’est le mépriser au point de considérer qu’il ne mérite pas qu’on lui dise la vérité. Cela nous impose la rencontre vraie avec la personne handicapée mentale et l’obligation de réfléchir avec elle sur le principe de réalité de sa différence dans notre société normalisante et stigmatisante.
    Pour qu’il y ait véritable dialogue, nous devons assumer les trois repères suivants :
  7. Assumer notre solitude :
    Nul ne peut assumer à notre place nos (in)décisions, nos attitudes, nos responsabilités, nos difficultés, nos hésitations et nos manquements.
  8. Assumer notre finitude :
    Nous ne pouvons pas être ou faire tout à la fois. C’est d’ailleurs ce qui fait la richesse de la rencontre d’autrui qui est et agit différemment de nous.
  9. Assumer notre incertitude :
    Nous pouvons nous tromper sur les choses et sur les gens. Nous pouvons aussi être trompés par les apparences.
    Ces neuf repères doivent nous amener à promouvoir trois grandes valeurs propres à l’espèce humaine.
  10. Solidarité :
    La solidarité est un fait (je dépends des autres : je n’existe que parce que d’autres m’ont donné la vie) et une exigence (j’ai le devoir de me soucier de l’autre).
  11. Liberté :
    L’homme peut choisir et orienter sa destinée : il en est le maître.
  12. Dignité :
    La condition humaine se définit avant tout comme un état de dignité, malgré des manques et des incertitudes, malgré ses valeurs et ses défis.